vivre hors sol

Monitoring Mobile Experiences

Marc Chataigner, Strategist, Project Director @axance, co-founder of @super_marmite, #ux #service #design #social #mobility #city

For more info, check LinkedIn, Twitter, a trendbook for our digital lives named Matter , some inspirational stuffs gathered during my web promenades called Webtourism, some social networks innovations and new business models gathered as Social Networks Future, and service design and customer experiences around the idea of Service Design Thinking

May 20, 2013 at 11:44pm



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“Openness, transparency, independence, impact” - OuiShare Fest Day 1 in Review

ouisharefest:

By Melanie de Groot van Embden

“Openness, transparency, independence, impact” with these keywords the first international conference about collaborative consumption started in Paris. E-reputation, P2P business, complementary currency, ridesharing and crowdfunding were discussed and debated during a whole day of panels and workshops where participants could also exchange and meet. Values, good practices and world-changing ideas were at the heart of this first edition of the OuiShareFest.

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Photo by Stephano Borghi

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May 15, 2013 at 7:08pm



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Hier, en discutant avec Christopher Santerre du mémoire sur lequel il planche à l’ENSCI, on s’est retrouvés sur la façon d’aborder la question de comment rendre nos villes à nouveau productives. 

Quand j’échangeais avec lui à propos de ce que j’ai écris en revenant de mon tour du monde, je me rendais compte qu’une synthèse tenait dans ce mapping. Mans mes “mémoires”, j’expliquais :

Deux axes le long desquels s’incarnent ces différentes manières d’habiter en autarcie : le rapport aux Autres et le rapport au Sol.

1. Le rapport aux Autres.
Au sein des sociétés humaines, habiter - ou fonder une civilisation - est une question hautement collective. La question du rapport à l’Autre est centrale. L’Autre est une ressource autant qu’une limite ; car soit sa présence est inéluctable et il est nécessaire de composer avec lui, soit sa présence restreint mes libertés et il est préférable de faire sans lui. Émergent deux postures, soit en relation/continuité avec le reste du monde, soit en opposition/discontinuité au reste du monde. Ainsi les postures possibles sont :

  • l’une basée sur l’isolement, en retrait, coupé du monde, jusqu’à atteindre l’autonomie complète. Il s’agit d’une discontinuité du rapport à l’Autre. Il y a là la vertu de l’ascèse, le retour à la terre ou l’ermitage. Il y a par exemple le camp de Robin de Bois, ou l’attente terrée des groupes révolutionnaires, qui préparent leur armée avant de sortir de la forêt et investir l’espace commun, la vie sociale au sein de réserves ou encore la vie insulaire. Il y a aussi les plus récentes Gated Communities, ou la vision de Lieven de Cauter de la Capsular Civilisation, une architecture hérissée de barbelés et de caméra de surveillance pour se protéger d’une hypothétique menace extérieure. Cette posture de l’isolement - ou discontinuité de la relation aux autres - induit aussi une posture de généraliste ; en étant reclus, il est nécessaire/possible de pouvoir subvenir soi-même à tous ses besoins.
  • l’autre basée sur le réseau, le continuum, en inter-dépendance, être connecté, jusqu’à être autonome, en s’appuyant sur sa communauté. Il s’agit d’une continuité du rapport à l’Autre. Il y a là l’idée de l’éco-système. Il y a par exemple les systèmes d’économie parallèle, les éco-systèmes auto-gérés ou les «smart grid» (maillages) énergétiques. Ou plus récemment encore l’économie collaborative qui puise sa puissance dans le nombre de ses participants, ou l’idée de Pieter Sloterdijk d’une «co-immunité» efficiente aux membres de la «communauté mondiale». Cette posture du réseau - ou continuité de la relation aux autres - induit aussi une posture de spécialiste ; en étant reliés, il est nécessaire/possible de compléter un tout, en se différenciant des autres et en développant sa spécialité.

2. Le rapport au Sol.
Pour les sociétés humaines, poser les bases de leur habitat, qu’il soit collectif ou individuel, est une question du sol. Elles l’habitent, certaines l’entretiennent, d’autres l’exploitent, le travaillent, toutes le transmettent. Il est porteur de leur milieu technique, de leur savoir, tout autant que de leur rapport au monde, leurs tabous ou leurs lois formelles et informelles. Le Sol est une ressource autant qu’une limite ; car soit en épousant son étendue se délimite ce qui est humainement réalisable, soit en exploitant ses ressources (de vivant, d’énergie) se rappellent à ceux qui les exploitent la limite des réserves. Émergent deux postures, soit en symbiose/continuité du sol, soit en dissociation/ discontinuité du sol. Ainsi les postures possibles sont :

  • l’une basée sur l’acclimatation avec le sol, un rapport de continuité entre l’homme et la nature, celle-ci étant considérée comme partie intégrante du système immunitaire de celui-là. Cette posture entretient une certaine entente avec les autres êtres vivants. En entretenant un lien avec la chaîne du vivant, ces société humaines tendent à vouloir respecter les limites du vivant et leur finalité est la pérennité de la planète (le « Spaceship Earth » par exemple). Il y a par exemple les procédés de permaculture ou d’agro-écologie, et des économies basées sur le partage et la réciprocité ; ils sont possibles au sein d’une communauté restreinte et relativement homogène. Ce milieu technique s’ancre sur une vision du monde comme étant abondant à portée de main. Ces formes d’habitat se rattachent à l’idée antique d’oïkos - étymologiquement lié à « ce qu’on a en commun » - et se rapprochent d’une organisation anarchique, par absence d’autorité.
  • l’autre basée sur la domestication du sol, un rapport de discontinuité entre l’homme et la nature, celle-ci étant considérée comme manipulable, à maîtriser pour être au service de celui-là. Cette posture entretient une certaine défiance par rapport aux autres êtres vivants. En se détachant de la chaîne du vivant, ces société humaines tendent à vouloir dépasser les limites du vivant et leur finalité de ces sociétés humaines est la pérennité de l’espèce (le transhumanisme ou l’arche de Noé par exemple). Il y a par exemple les procédés de culture hors-sol (hydroponie) ou de manipulation génétique, et des économies basées sur la propriété et le contrat; ils existent au sein d’une communauté potentiellement illimitée et hétérogène. Ce milieu technique s’ancre sur une vision du monde dont les richesses sont rares et à exploiter. Ces formes d’habitat se rattachent à l’idée romaine de domus - étymologiquement lié au « bâti » - se rapprochent d’une organisation académique, par absence d’autorité. 

Tout le détail ici : https://itunes.apple.com/fr/book/partir-verifier-si-la-terre/id643196454

May 14, 2013 at 1:00pm



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Let’s build a Wikihouse

ouisharefest:

Here’s a video of the Wikihouse that was built during day 3 of OuiShare Fest, right in front of the Cabaret Sauvage!

Wikihouse is an open-source architecture project with the aim to allow anyone to design, download and “print” CNC-milled houses and components, which can be assembled with minimal formal skills or knowledge.

»Read more about the Wikihouse project

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10:06am



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marcchataigner:

J’ai découvert grace à une amie Le Papalgui, de Erich Scheurmann. Et je recommande chaudement!

Début du XXe siècle, Touiavii, chef du tribu d’une île de Samoa se rend en Europe pendant plusieurs mois. À son retour parmi les siens, il raconte la façon dont vivent les Européens (le papalagui) et sa vision est souvent d’une finesse et d’une justesse époustouflante!

Pour partager un petit florilège, Touiavii dit par exemple à ses condisciples “parlez à un Européen du Dieu de l’Amour, il fait la moue et sourit. Il sourit de la naïveté de ta pensée. Mais tends-lui un morceau de métal rond et brillant ou un grand papier pesant, aussitôt ses yeux s’éclairent et beaucoup de salive se pose sur ses lèvres. L’argent est son amour.”

À propos des villes européennes, il explique que “le papalagui habite comme les fruits de mer dans une coquille dure. Il vit entre des pierres comme le scolopendre entre les fentes de lave. Les pierres sont tout autour de lui, à côté de lui, au dessous de lui. Sa hutte ressemble à un coffre de pierre debout. Un coffre plein de cases et de trous.” Et il continue en racontant qu’on met tout dans des coffres, eux-mêmes dans des coffres, et ce indéfiniment.

Il parle aussi de la vie factice (le cinéma) et des milles papiers (les journaux), en partageant l’ivresse que ces médias proposent. Il dit à propos du journal que “ce n’est pas que le journal nous raconte ce qui se passe qui fait si mal à notre âme, mais c’est qu’il nous dise aussi ce que nous de nos penser de ceci ou cela, de nos chefs de tribu, des chefs d’autres pays, de tous les événements et de tous les agissements des hommes. Le journal lutte contre ma propre tête et mes propres pensées. Il voudrait faire toutes les têtes des hommes sur le même modèle : sa tête à lui. Et il réussit. Si le matin tu lis les milles papiers, tu sais à midi ce que chaque papalagui trimbale dans sa tête et ce qu’il pense.”

Touiavii continue comme ça à propos des habits, du travail, de l’argent, du temps qui manque au papalagui, du rapport à la propriété ou du rêve des Européens de remplacer Dieu… Son discours est extrêmement touchant et lucide, une merveille que nous rapporte Erich Scheurmann dans les années suivant la première guerre mondiale. À lire absolument!

May 12, 2013 at 3:14pm



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Retour sur terre →

May 8, 2013 at 11:09pm



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“Partir vérifier si la Terre est bien ronde et en revenir. Ou pas.“ Un récit de mes rencontres autour du monde, avec le Temps, les Terriens et moi-même. 

Partir vérifier si la Terre est bien ronde et en revenir. Ou pas.“ Un récit de mes rencontres autour du monde, avec le Temps, les Terriens et moi-même. 

(via neoterrien)

April 26, 2013 at 3:53pm



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Les profils de consommateurs collbaratifs.
(via Bobos, aventuriers, écolos : qui sont ces Français adeptes de la consommation collaborative ? | Même pas mal)

Les profils de consommateurs collbaratifs.

(via Bobos, aventuriers, écolos : qui sont ces Français adeptes de la consommation collaborative ? | Même pas mal)

April 25, 2013 at 2:44pm



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Reblogged from aurialiej
fing:

Voilà le type de résultat que l’on a obtenu à l’issu des ateliers Digiwork sur les scénarios extrêmes de l’avenir du travail, organisés hier au CNFPT. A partir des scénarios (sur l’entreprise apprenante, agile ou étendue; sur la mise en place de congés illimités ou sur les effets collatéraux de capitalisme cognitif, …) et après un jeu de rôle où chaque participant représentait un acteur du monde du travail (chef d’entreprise, travailleur, chômeur, stagiaire, entrepreneur, travailleur en reconversion, …), l’objectif était, entre autres, de dessiner et de définir les relations et tensions entre ces différents acteurs.
La matière, très nombreuse, récoltait pendant ces ateliers va donc maintenant être traitée, les comptes-rendus seront publiés prochainement. Merci à tous les participants d’être venus et d’avoir ainsi contribué à nourrir la réflexion !
D’autres photos ici.

fing:

Voilà le type de résultat que l’on a obtenu à l’issu des ateliers Digiwork sur les scénarios extrêmes de l’avenir du travail, organisés hier au CNFPT. A partir des scénarios (sur l’entreprise apprenante, agile ou étendue; sur la mise en place de congés illimités ou sur les effets collatéraux de capitalisme cognitif, …) et après un jeu de rôle où chaque participant représentait un acteur du monde du travail (chef d’entreprise, travailleur, chômeur, stagiaire, entrepreneur, travailleur en reconversion, …), l’objectif était, entre autres, de dessiner et de définir les relations et tensions entre ces différents acteurs.

La matière, très nombreuse, récoltait pendant ces ateliers va donc maintenant être traitée, les comptes-rendus seront publiés prochainement. Merci à tous les participants d’être venus et d’avoir ainsi contribué à nourrir la réflexion !

D’autres photos ici.

(Source: aurialiej)

April 18, 2013 at 10:47pm



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neoterrien:

Hier, j’étais de passage à Amsterdam, et j’ai pousser ma balade jusqu’à la Freezing Favela organisée par Mediamatic. Une dizaine d’équipe qui construisent des projets différents, certaines élaborent un pigeonnier en brique de papier pour récupérer leur fiantes comme fertilisant, d’autres conçoivent une ferme aquaponique, d’autres encore montent des murs en contreplaqué de carton et bouse de vache séchée, et d’autres étudient comment un compost peut chauffer une tente, etc.

Et puis il y a l’équipe de TostiFabriek. Leur idée, faire un sandwich de A à Z. Le blé, pour faire de la farine puis du pain, des vaches pour faire du lait puis du fromage, des cochons pour faire du jambon. Et voilàààà !! 

Ça me rappelle les initiatives des habitants du Teatro delle Ariette, le projet Flax de Christien Meindertsma, Thomas Twaithes qui construit un toaster from scratch, ou encore des associations de Montreuil qui produisent un pain urbain, de A à Z. Ce que j’aime dans l’idée de TostiFabriek, c’est comment penser une usine en ville ? Ou après la question de la ferme en ville, comment élaborer une habitat productif localement ?

(via Mediamatic.net - De Tostifabriek)

April 10, 2013 at 2:12pm



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: OuiShare Fest Awards applications process now closed and pre-selection begins →

ouisharefest:

Two weeks ago, we a launched the first OuiShare Fest Awards, to honor startups and projects from the collaborative economy.

The online nomination process is now closed and we are thrilled to inform you that 99 projects submitted an application! Thank you for all your nominations, we are…

April 5, 2013 at 12:32pm



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neoterrien:

J’ai découvert grace à une amie Le Papalgui, de Erich Scheurmann. Et je recommande chaudement!

Début du XXe siècle, Touiavii, chef du tribu d’une île de Samoa se rend en Europe pendant plusieurs mois. À son retour parmi les siens, il raconte la façon dont vivent les Européens (le papalagui) et sa vision est souvent d’une finesse et d’une justesse époustouflante!

Pour partager un petit florilège, Touiavii dit par exemple à ses condisciples “parlez à un Européen du Dieu de l’Amour, il fait la moue et sourit. Il sourit de la naïveté de ta pensée. Mais tends-lui un morceau de métal rond et brillant ou un grand papier pesant, aussitôt ses yeux s’éclairent et beaucoup de salive se pose sur ses lèvres. L’argent est son amour.

À propos des villes européennes, il explique que “le papalagui habite comme les fruits de mer dans une coquille dure. Il vit entre des pierres comme le scolopendre entre les fentes de lave. Les pierres sont tout autour de lui, à côté de lui, au dessous de lui. Sa hutte ressemble à un coffre de pierre debout. Un coffre plein de cases et de trous.” Et il continue en racontant qu’on met tout dans des coffres, eux-mêmes dans des coffres, et ce indéfiniment.

Il parle aussi de la vie factice (le cinéma) et des milles papiers (les journaux), en partageant l’ivresse que ces médias proposent. Il dit à propos du journal que “ce n’est pas que le journal nous raconte ce qui se passe qui fait si mal à notre âme, mais c’est qu’il nous dise aussi ce que nous de nos penser de ceci ou cela, de nos chefs de tribu, des chefs d’autres pays, de tous les événements et de tous les agissements des hommes. Le journal lutte contre ma propre tête et mes propres pensées. Il voudrait faire toutes les têtes des hommes sur le même modèle : sa tête à lui. Et il réussit. Si le matin tu lis les milles papiers, tu sais à midi ce que chaque papalagui trimbale dans sa tête et ce qu’il pense.

Touiavii continue comme ça à propos des habits, du travail, de l’argent, du temps qui manque au papalagui, du rapport à la propriété ou du rêve des Européens de remplacer Dieu… Son discours est extrêmement touchant et lucide, une merveille que nous rapporte Erich Scheurmann dans les années suivant la première guerre mondiale. À lire absolument!

April 3, 2013 at 10:49pm



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“The challenge facing my generation of architects, is how to make our client, for the first time, not the 1%, but the 100%.”

“We’re moving into a future, where the factory is everywhere. And that means that the design team is everyone.”

“If in the XXth century, the design’s great project was about the democratization of consumption, that was Henry Ford, Coca-Cola, IKEA, I believe design’s great project in the XXI century is democratization of production.”

Alastair Parvin: Architecture for everyone, by anyone (by TEDTalentSearch)

March 18, 2013 at 2:36pm



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Reblogged from marcchataigner

marcchataigner:

Un an. Je me sens rajeuni. Je suis parti mi-mars 2012, j’avais 32 ans. J’ai un an aujourd’hui. Il y a un an hier, je posais le pied à Mumbai pour la première fois, à 9h du matin, retrait de roupies, taxi prépayé, et 45 minutes de trafic les fenêtres ouvertes pour arriver chez Anjali. Thé, chapatti et sambhar, présentations et premières histoires de l’Inde. Avant midi je prenais un taxi qui m’a pris pour un touriste, m’a lâché à Dadar Station en me disant que c’était le même prix que pour la Central Station. J’étais en jean’s et basket, et c’est vers 11h30 que j’ai commencé à transpirer. Ça s’est arrêté 3 mois plus tard. 

 
Depuis un mois maintenant, chose étrange, je vois toujours la même vue à mon réveil ; un carré de ciel parisien, blanc ou parfois bleu, accroché 3,5m au dessus de ma tête ; les palmes graciles d’un palmier de Belleville ; devant moi, c’est-à-dire sous mes pieds quand je suis encore allongé, un mur en béton, devant lequel se détachent trois branches faméliques, et au-delà duquel se dressent une antenne télé et le profil d’une tour d’habitation. Au bout de ce mur qui se termine en corniche, au milieu de ce ciel coupé en deux squattent là un clan de pigeons ; ils se réveillent, se toilettent et contemplent le bitume au pied du béton. Je suis un pigeon voyageur en escale à Paris. 
 
Ici, j’ai revu des amis, je n’ai pas réussi à les voir tous encore. Je continue ma tournée à pied et j’aime bien ça. Marcher et regarder. Mais même si je sors, je rencontre moins de monde ; c’est qu’ici, n’ayant plus l’habit anonyme du voyageur, j’ai perdu avec lui le sourire plein de providence. Un peu malgré moi aussi, je retrouve mes habitudes de chargé de projet ; objectif à valider, périmètre d’intervention, échéancier des étapes, planning d’équipe, compte-rendu de réunion et suivi de tout ça. C’est que je glisse comme un gant dans cette position laissée vacante, là où je suis attendu.
 
À l’heure où j’écris ces lignes, dans l’aquarium vide de la ville, c’est l’heure des piafs de primaire. Quartier libre pour gambader et piailler tant qu’ils le peuvent. Ils ont une permission de 15 minutes, après, retour à la règle. 
 
Un an. Un peu plus de 6 mois autour du monde, 1 petit mois de passage à Paris, 3 mois et demi de rab en Europe, et de nouveau 1 mois à Paris. 365 jours ici et là, 90 000 kilomètres, des tonnes de poussières et des colliers de sourires. 8 carnets de route, 17 stylos épuisés, 3 paires de godasses vidées, et quelques jolies images dans tout ça. J’écris un peu moins régulièrement ; je crois que ce n’est pas dû aux matins pareils, plutôt au fait de voir des amis, et d’avoir ainsi des occasions de raconter mon ressenti, sans avoir à le coucher par écrit. Quand je vois tout ce que j’ai appris en 12 mois, j’ai l’impression d’avoir fait un Master Pro de la vie. Mais même avec ce diplôme, je ne sais pas encore très bien comment m’y prendre pour marier “voyage” et “sédentarité” ; je vois juste que le résultat n’est pas “mobilité”. Peut-être davantage un “nid”…
 
Parfois aussi, je sens bien que je fais office de doux illuminé ; n’étant pas pressé de gagner des sous ou de payer un loyer, je suis le rêveur chevelu à qui il faut laisser le temps d’atterrir. C’est qu’il y a une crise ici, bordel de merde. Il faut être aveugle ou sourd pour ne pas voir et entendre ce que les médias ressassent. Ou bien il suffit de faire l’idiot et se demander comment reprendre à zéro. Après mon diplôme auto-décerné, je suis en train d’écrire mon mémoire. C’est histoire de valider mes acquis. Ce travail me permet de réaliser doucement le chemin parcouru, mais aussi et surtout, de voir que mon regard s’est ouvert progressivement, de me rappeler ainsi que dans quelques mois, je verrai le monde encore différemment. Rien n’est pérenne ; c’est peut-être pour ça aussi qu’on passe nos vies à se consolider les routines, histoires que nos châteaux de sables ne s’en aillent pas avec la marée.
 
Ce mémoire doc, c’est un peu l’histoire d’un corsaire, qui raconte son périple intérieur, au creux des paysages de questions et voguant de rencontre en rencontre. Il explique qu’il voulait simplement partir pour vérifier que la Terre était bien ronde, et puis en revenir. Mais voilà, il voit bien qu’aujourd’hui qu’il n’en revient toujours pas. Pas dans le même état en tout cas. 
 
Il repense à certaines personnes qu’il a connues durant cette épopée microscopique, celles avec qui il partageait cette sensation d’un avant et d’un après, d’une claque de la vie, d’une prise de considération vis-à-vis de soi-même. La différence est que ces personnes avaient traversé des épreuves difficiles, comme un décès, un divorce ou une maladie ; pour lui, ça avait été une savoureuse révolution terrestre. Cette petite différence fait qu’à ces personnes il est convenu d’accorder de la déférence ; “c’est clair qu’un événement aussi lourd, ça te change, ça ne sera plus la même personne”. Au cours de mes retrouvailles parisiennes, cette déférence ne m’a que rarement été accordée, juste un soupçon d’amusement, “il n’a pas encore repris pied dans la réalité celui-là”. C’est sûr qu’un voyage est plus commun qu’un divorce, on en fait 3 par an en moyenne ; mais mon voyage n’en est plus un, c’est un deuil, une rupture, une convalescence, un nouveau départ. 
 
Rien de grave, je vous rassure, juste des envies de me faire un habitat, qui ne soit pas qu’un simple pavillon imbriqué dans les réseaux de consommation ; télé, supermarché, voiture, frigo, poubelle et tout à l’égout. Avant après? Aucune idée. Non, j’aimerais bien m’inscrire dans un terreau de réseaux locaux et cultiver ce terroir pour monter quelque chose comme une ferme, un lieu d’habitation imbriqué dans les réseaux de production ; ordinateur (calcul, calendrier, …), générateur, machines, préparation et stockage, recyclage et compost. Ni veau, ni vache, ni cochon, je laisse ça à Pérette. 
 
Avec Agathe par exemple, on expérimente côté cuisine ; après 30 ans de céréales, on se réinvente un petit déjeuner local et de saison ; on s’est fait une semaine de compost, un semaine tient dans un sac de course ; on se pose des questions des éléments de l’habitat sur lesquels jouer, d’autres stockages que le frigo, des espaces de transformation. Samedi dernier, j’ai participé aussi à la préparation d’un potager sur les toits, bientôt on se fait les semis ; mon père hier m’expliquais comment garnir un balcon histoire d’accueillir la faune urbaine (ça me rappelle un projet de diplôme de l’ENSCI) ; je me documente, et je continue de me lier avec OuiShare et les acteurs de l’économie collaborative ; le nombre colossal d’initiatives me facilite le travail. Le résumé sera dans ce “mémoire de Corsaire”, et il est bientôt prêt. 
 
La ménagerie d’à côté retentit de son horrible sonnerie, la rigolade c’est fini. Il est temps de rentrer dans le rang et ouvrir son bec à la bouillie académique. Il paraît qu’il n’y a que ça de vrai pour grandir. 

March 17, 2013 at 12:29pm



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The German government is carrying out a rapid expansion of renewable energies like wind, solar and biogas, yet the process is taking a toll on nature conservation. The issue is causing a rift in the environmental movement, pitting “green energy” supporters against ecologists.

— German Renewable Energy Policy Takes Toll on Nature Conservation - SPIEGEL ONLINE

March 10, 2013 at 9:24pm



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L’homme qui ne descendait pas d’Adam →

Ou comment l’on trouve aujourd’hui les traces de nos croisements entre les différentes espèces humaines. Il ne reste aujourd’hui qu’Homo Sapiens, mais certains Homo Sapiens portent au cœur de leur ADN des bouts d’autres espèces d’hominidés.